Mon recueil trouble, car il échappe à l'entendement. Il fait résonner un écho et propose une explication aux nombreuses interrogations existentielles restées sans réponse.
Je quitte la mare où nous pataugeons tous.
Dans cette eau boueuse,
L’Être humain s’enlise, défendant bec et ongles son territoire,
Dans une logique protectrice et égoïste.
Chaque clan, chaque ethnie, chaque famille,
Possède son bout de mare,
Jalousant le voisin qui revendique un peu plus de boue.
Je prends de la hauteur,
Et je vois ce petit monde grouiller,
Cherchant à grappiller un fragment de l’autre.
Un peu plus haut,
J’entends le murmure d’une source,
Déviée par un caillou.
En regardant au loin, j’aperçois un lac cristallin,
bordé d’une flore luxuriante,
Et d’une plage de sable blond où quelques oies se prélassent.
Dans cette eau limpide,
Au rythme léger du clapotis,
Des cygnes d’un blanc éclatant nagent en paix.
Depuis les hauteurs,
Une cascade alimente le lac en eau fraîche,
Descendant des neiges éternelles.
Je retire le caillou,
Et dévie la source vers notre mare boueuse.
Mais mon Espace‑Temps n’est plus celui du bas.
Il est Présent.
L’eau transparente s’écoule dans un Temps arrêté,
Incapable de rejoindre la vie d’en bas.
Il me faudra attendre la fin de la descente,
Réintégrer le gentil canard que j’étais,
Et retrouver l’emplacement de mon territoire.
Alors l’eau se jettera dans notre mare commune.
Mais déjà, certains canards s’approprient cette jouvence,
Dressant des haies de bambou pour en jouir seuls.
Ainsi est fait notre monde…
merci,