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Mon recueil trouble, car il échappe à l'entendement. Il fait résonner un écho et propose une explication aux nombreuses interrogations existentielles restées sans réponse.

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Larmes d’encre

Larmes d’encre
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   J’ai souvent une dizaine de textes en cours, et j’essaie de devenir raisonnable quant au nombre d’articles « en route ». Pourtant, le véritable obstacle vient de certains d’entre eux. Il existe des textes qui sont de véritables déchire cœur, des récits que je n’arrive pas à achever tant ils sont durs, poignants, ou chargés de vécu.

Je vis mes personnages. Je dois me mettre à la place des autres, mais personne ne se met jamais à la nôtre, et c’est peut‑être là que la solitude devient la plus lourde. C’est ainsi. Certains Êtres, certaines histoires, pèsent plus que d’autres.

Je ne sais jamais, la veille, ce que j’écrirai le lendemain. Je traverse la situation, le personnage, parfois même la petite bête ou l’animal, en pleine nuit, à trois heures du matin, avant que n’arrive le moment de l’écriture. Et pour certains récits, l’immersion devient violente tant elle touche à l’Expérience et à ce qu’elle porte de vécu. Ces textes ne sont pas faits pour être lus, ils sont écrits pour les autres, pour témoigner. Je pensais, à tort, que je finirais par cesser de pleurer comme une madeleine en les écrivant. Mais non. Je deviens le personnage, je vis intensément les circonstances, les fragments de vie et leurs conséquences. Et parfois, c’est trop dur, trop d’émotions à contenir.

   Heureusement, il y a aussi des textes qui respirent la joie de vivre. Quand ils touchent le cœur, l’émotion est tout aussi forte, mais elle se ressent comme un baume. Et là, je m’autorise volontiers à laisser couler une larme.


J’ai toujours mille mots en route,  
Des récits qui avancent à pas lents.  
Certains sont des cœurs ouverts,  
Trop lourds, trop vrais, trop vibrants.

Je vis ceux que j’écris.  
Je prends leur place, leur souffle, leur nuit.  
Mais personne ne vient jamais,
Habiter la mienne.

À trois heures du matin,  
Je traverse un visage, un animal, un destin.  
Et parfois l’histoire me serre trop fort,  
Comme si l’Expérience me reprenait la main.

Ces textes là ne sont pas faits pour être lus,  
Ils sont faits pour témoigner.  
Je croyais que mes larmes finiraient par sécher,  
Mais elles reviennent, obstinées,  
A chaque Vie que je porte.

Heureusement, il existe aussi,
Des mots qui respirent la joie.  
Eux aussi touchent le cœur,  
Mais comme un baume posé sur l’Âme.  
Et devant leur Lumière,  
je laisse couler une larme.

merci,

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