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Mon recueil trouble, car il échappe à l'entendement. Il fait résonner un écho et propose une explication aux nombreuses interrogations existentielles restées sans réponse.

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Ce qui ne se dit pas

Ce qui ne se dit pas
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   Il y a des histoires qui ne se racontent pas, des souvenirs de rencontres que l’on garde pour soi, des anecdotes de conversations qu’on efface. Ça ne se dit pas, ma brave dame, on n’en parle pas, mon bon monsieur. Circulez, il n’y a rien à voir. Passez votre chemin, oubliez ce que vous avez entendu, vu ou touché. Tais toi et oublie.

   Lors d’un dîner chez des amis, j’ai eu la joie de partager la table avec deux invités surprises : un couple, elle, originaire du Cameroun et installée dans ma petite ville de province, et lui, originaire du Nigéria et travaillant aux Pays‑Bas.

Une fois les présentations faites, j’ai trouvé un sujet de conversation qui réunissait les deux personnes en face de moi. Dans ma jeunesse, j’ai voyagé et traversé le Nigéria et le Cameroun à pied et en stop, ce qui m’a donné l’occasion de parler de leurs pays respectifs. En toute humilité, je n’étais qu’un voyageur ne prétendant pas connaître leur pays d’origine, mais j’en avais eu un aperçu en les traversant.

Tout se passait bien dans la discussion, d’autant plus qu’ils n’avaient pas souvent l’occasion de rencontrer un Européen connaissant leurs pays. Au milieu du repas, je leur racontai mon aventure au poste frontière entre leurs deux pays et la traversée de la jungle à pied pour rejoindre l’autre côté, tout simplement. La forêt était si vaste qu’il m’aurait fallu prendre le bateau ou monter vers le nord pour la contourner. Sans vraiment envisager un autre itinéraire, j’ai choisi de suivre le sentier devant moi et de continuer, malgré les avertissements d’un douanier qui me déconseillait de m’y aventurer.

Je n’ai pas eu le temps de raconter mon voyage dans cette province appelée le Biafra, ni de parler de cette forêt nommée « Gorilla‑Gorilla ». Leurs visages se décomposèrent, leurs yeux s’agrandirent et ils eurent un mouvement de recul. Un froid s’installa, je sentis que le sujet était tabou et inapproprié, et je choisis de me taire avant de lancer une autre conversation sur la Hollande, un pays que je connaissais bien. Je faisais cependant attention aux mots que j’utilisais, si bien que le reste de la discussion prit un ton puéril.

   C’est étrange comme certains sujets, pourtant anodins en apparence, peuvent soudain devenir des zones interdites. Il suffit d’un mot, d’un lieu, d’un souvenir, pour que l’air se fige et que les regards se détournent. On comprend alors qu’il existe des territoires intérieurs que chacun protège, des cicatrices que l’on ne montre pas, des Vérités que l’on préfère laisser dormir.

Et pourtant, il est des Expériences qui, elles, ne laissent pas le choix. Elles s’imposent, traversent le Silence, bousculent les convenances. Elles ne demandent ni permission ni interprétation. Elles arrivent, simplement, et bouleversent tout.

L’Expérience dont on ne parle pas. Celle qu’on range dans les tiroirs de l’indicible. Celle que l’on tait pour ne pas déranger, pour ne pas effrayer, pour ne pas passer pour un illuminé.

L’Expérience de Vie

   Non pas comme un phénomène spectaculaire, mais comme une brèche intime, une faille lumineuse qui change la manière de regarder le monde, et de se regarder soi‑même.

merci,

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